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On marche pour la rencontre » : Ridha Rhib allie art et intelligence artificielle dans une odyssée créative

On marche pour la rencontre » : Ridha Rhib allie art et intelligence artificielle dans une odyssée créative

Cent jours, 3 000 kilomètres à pied : Ridha Rhib relie Paris à Nauplie, en Grèce, dans une performance artistique où l’intelligence artificielle mesure le coût vital de chaque pas. Son projet Mnemosyne l’a mené à Brie-Comte-Robert et Melun fin juillet 2026. Rencontre avec un artiste-marcheur qui transforme les battements de cœur en traces visuelles.

100 jours et 3 000 km : un défi hors norme entre art et endurance

Le 29 juillet 2026, Ridha Rhib a quitté Paris, sac de 15 kilos sur le dos, direction Nauplie. Sa particularité ? Il ne compte pas les kilomètres, mais les pulsations. « Marcher un kilomètre en plaine ou en montagne n’a pas le même coût vital », explique-t-il. Cette approche renverse la logique de la performance sportive.

Chaque journée donne naissance à une cardio-cartographie. Ce document composite mêle relevés GPS, variations du rythme cardiaque, données géologiques et météorologiques. L’IA compile ces informations pour révéler ce que l’œil humain ne perçoit pas. « Elle nous aide à percevoir le réel autrement », insiste l’artiste.

Deux façons de mesurer une marche
CritèreApproche classiqueProjet Mnemosyne
MesureDistance en kmPulsations du cœur
ObjectifPerformanceRencontres et sens
TraceStats et tempsCardio-cartographies
Rôle de l'IAAucunCompiler et visualiser

La préparation des étapes : un an de logistique

Les 33 étapes françaises du parcours ont été préparées pendant près d’un an. Ridha Rhib a contacté des centres d’art, des communes et des associations pour tisser un itinéraire viable. Une équation délicate : « Toute la difficulté est de tracer des étapes raisonnables et de trouver où dormir », souligne-t-il. Les deux ne coïncident pas souvent.

À Melun, le Musée d’art et d’histoire a répondu présent. La ville se trouvait dans le « couloir » de passage de l’artiste. Cette notion de couloir géographique guide sa marche. Chaque structure qui l’accueille reçoit en retour une carte postale mentionnant le nombre exact de battements de cœur nécessaires pour atteindre son lieu. Un échange symbolique, « du don contre don ».

L’intelligence artificielle comme révélateur du réel

« J’utilise l’IA pour nous dire ce qu’elle ne pourra jamais faire : éprouver une épreuve, un parcours. » Cette phrase résume la position singulière de Ridha Rhib. Il ne sacralise pas la technologie, il la met au service de l’expérience corporelle. L’IA compile, croise et visualise, mais ne ressent rien.

Le projet Mnemosyne interroge notre rapport à la mesure. Pourquoi toujours compter en distance ? Pourquoi ne pas compter en efforts, en sueur, en émotions ? Les cardio-cartographies deviennent des œuvres où le paysage vécu se mêle aux données objectives. Le résultat dépasse la simple performance.

Une filiation avec l’histoire de la marche comme pratique artistique

Ridha Rhib ne part pas de zéro. Il s’inscrit dans une lignée de marcheurs-artistes, mais aussi dans la mémoire collective du pèlerinage. « On marche seul, mais on ne marche pas uniquement pour soi », rappelle-t-il. Ses performances précédentes, comme Rhizomance pendant Nuit Blanche 2007, ou ses longues traversées vers Mardin et Sousse, ont construit son langage.

Son travail articule performance, philosophie incarnée et technologies numériques. Il a théorisé cette pratique comme une « nouvelle économie de la présence ». Une manière de réinvestir le corps dans un univers saturé de données immatérielles.

  • 🚶 100 jours de marche entre Paris et Nauplie
  • ❤️ 3 000 km mesurés en battements de cœur
  • 📊 33 étapes en France, préparées avec des partenaires locaux
  • 🤖 Une IA compilant données GPS, topographiques et météo
  • ✉️ Une carte postale envoyée à chaque structure d’accueil
  • 🌡️ Des journées sous 39 °C avec un sac de 15 kg

Rencontres humaines : la véritable raison d’être de la marche

Le plus beau souvenir du début de voyage ? Brie-Comte-Robert. Après une journée éprouvante sous 39 °C, Ridha Rhib arrive épuisé dans le presbytère de la commune. Un prêtre l’accueille, lui prend son sac, l’accompagne à sa chambre et fait son lit. « C’était une rencontre délicate et attentionnée », confie-t-il, touché par ce geste inattendu.

Ces instants donnent tout leur sens au projet. La marche n’est pas un exploit solitaire. Elle réveille la figure du pèlerin d’autrefois, ouvert à l’imprévu et à l’autre. « Je ne marche pas pour l’esthétisme d’un paysage, mais pour les rencontres », insiste l’artiste. Une philosophie qui transforme chaque étape en aventure humaine.

Le coût vital comme nouvelle mesure de l’effort

Cette approche pourrait inspirer d’autres domaines. Sportifs, géographes, urbanistes : tous pourraient intégrer la notion de coût vital dans leurs analyses. Même si l’IA est puissante, elle ne remplacera jamais la sensation brute d’un corps qui peine, d’un cœur qui s’emballe ou d’une fatigue qui s’accumule.

Ridha Rhib poursuit sa route jusqu’au 5 novembre 2026. Chaque jour, une station, deux images opposées : l’une vers le Musée Guimet à Paris, l’autre vers Samten Dzong à Digne-les-Bains. Une manière de relier les lieux par le corps et la mémoire. La marche ne s’arrête jamais, elle change simplement de forme.

Et si marcher comptait les battements

Pourquoi compter des battements de cœur, c'est pas plus simple de compter les kilomètres ?

Les kilomètres ne disent rien de l'effort réel. Un kilomètre en plaine et un kilomètre en montagne n'ont pas le même coût vital. Le cœur raconte ce que le GPS ignore.

L'IA fait le travail à sa place ?

Elle ne fait pas le travail. L'IA compile et visualise des données, mais elle ne ressent rien. C'est son corps qui éprouve la marche, et c'est justement ce qu'elle ne pourra jamais faire.

Ça veut dire quoi, une carte postale avec des battements ?

Chaque structure qui l'héberge reçoit une carte avec le nombre exact de pulsations nécessaires pour atteindre son lieu. C'est un échange symbolique, un don contre don.

Faut-il être un grand sportif pour se lancer dans un projet pareil ?

L'idée n'est pas de battre un record. Ridha Rhib marche sur des étapes raisonnables, préparées pendant un an. C'est une performance d'endurance, mais le but reste les rencontres.

Quelle est votre plus grosse difficulté avec ce sujet ?

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